Quand les parents tirent sur l’herbe pour la faire pousser ….ou pas


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«  Quand les parents tirent sur l’herbe pour la faire pousser ….ou pas »

A vous parents qui m’inspirez !

Aujourd’hui, mon intention est que nous fassions un pas vers une communication plus consciente dans la vie quotidienne, avec les enfants.

Je vous propose pour cela d’expérimenter, au jour le jour, avec vos enfants un outil simple et efficace en 4 étapes, dont le principe est issu de la communication non violente. Le DESC 

Pour cela, je vais m’appuyer sur un exemple, grâce à un entretien que j’ai eu, récemment, avec une mère de 3 enfants. Je saisie l’opportunité de cette tranche de vie partagée, pour nous questionner, en tant que parents :

1. sur l’impact de nos paroles

2.sur ce que nos enfants finissent par croire sur eux même

Cette maman a un fils de 8 ans et elle se demandait comment le faire changer de comportement.

« Il est tête en l’air, il oublie ses devoirs en classe et s’il ne les ramène pas aujourd’hui, je vais le punir de sport….enfin c’est ce que je lui dis mais au final, je ne le ferai certainement pas. »

Cette situation vous rappelle quelque chose ?

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur la première partie du « problème » :

«Il est tête en l’air, il oublie ses devoirs en classe ». Je garde le sujet de la punition pour un prochain article.

La situation exposée, je vous invite à une avoir une réflexion sur cet évènement, qui peut paraitre banal et pourtant qui mérite toute notre attention de parent ou/et d’enseignant.

Je lui pose la question suivante :

– « Dans quelles situations votre fils pense-t-il à ses affaires ? »

Mon objectif, avec cette question est de lui permettre de se décentrer du « problème » et d’examiner sa croyance « Mon fils est tête en l’air ».

La maman, en toute bonne foi, le croit vraiment.

C’est ce qui est appelé en Pnl (Programmation neuro linguistique) une croyance : pour faire simple c’est tout ce que l’on croit ou ce que l’on pense. Une « croyance » peut être aidante ou limitante selon le contexte, la culture, les moments de la vie.

Une croyance se construit en sélectionnant, généralisant ou en déformant ce qui est vu, entendu, ressenti, senti etc…

La sélection fonctionne en se focalisant sur un type d’information précis et en délaissant ou omettant le reste. C’est un processus automatique qui préserve notre cerveau d’une masse d’informations qu’il ne pourrait gérer et évite « la surchauffe ». Ce processus universel de modélisation est inconscient.

Dans l’exemple, pré cité, à chaque fois que son fils oublie quelque chose, la maman sélectionne l’information et la stoke, ce qui renforce et valide ce qu’elle croit « il est tête en l’air ».

Quand vous étiez enceinte, ou quand votre femme était enceinte….vous souvenez vous que vous croisiez beaucoup plus de femme enceinte qu’auparavant ? Là aussi la sélection était à l’œuvre. Amusez-vous à en faire l’expérience avec quelque chose de nouveau pour vous qui attire votre intérêt en ce moment (un sport, une marque auto, un pôle d’intérêt…)

En attirant son attention sur les situations où son fils pense à ses affaires, je l’invite à assouplir sa croyance et à découvrir d’autres possibilités de comportement pour elle-même.

– « Il n’oublie rien quand il va au sport. »

– « Lui avez-vous demandé comment il s’y prend pour penser à ses affaires de sport ? »

– « Non, je n’y ai jamais pensé »

– « Etes-vous d’accord pour le lui demander ? »

– « Oui, je vais le lui demander »

– «  Je serai curieuse de savoir aussi comment il s’y prend pour oublier ses devoirs, seriez-vous d’accord pour le lui demander et me le dire au prochain entretien » ?

Ici j’invite la maman à être curieuse et à identifier les « stratégies gagnantes » de son fils.

Quels sont les faits ? Il oublie ses affaires dans certaines situations et pense à ses affaires dans d’autres.

Il est intéressant pour le parent d’avoir ces informations car l’enfant lui-même n’est pas conscient de ses propres stratégies « pour réussir à y penser » et « pour réussir à oublier ». Si vous vous posez des questions sur le sens de ce que j’écris, je peux vous assurer que l’enfant réussit dans les deux cas. Oui, il réussit en fonction de ses besoins et de ses motivations. C’est ici que sont les leviers ! Sur les besoins et les motivations et non sur son comportement.

L’enfant a une stratégie pour anticiper ce dont il a besoin pour une tâche motivante et une stratégie pour omettre ce dont il a besoin pour une tâche non motivante. Dans tous les cas, il réussit…quel que soit son comportement.

Il apparait clairement que l’enfant « est tête en l’air » dans certaines situations et pas « tête en l’air » dans d’autres qui l’intéressent plus. Est-il « tête en l’air » ?

Il n’EST pas tête en l’air. Il EST bien plus que cela.

Il est fréquent que dans notre manière de nous exprimer nous fassions un amalgame entre ETRE et FAIRE. Entre le comportement et l’identité.

Avant toute chose il est important de se demander quelle est ma bonne intention pour l’enfant et pour moi-même et de commencer par cela :

Exemples « J’ai vraiment envie que l’on passe un bon moment tous les deux quand on se retrouve après l’école » ou « J’ai vraiment envie d’être auprès de toi et que tu puisses compter sur moi pour tes devoirs ».

Je reviens à l’exemple de l’oubli et cela est valable pour tous les autres comportements.

Quand l’enfant oublie dans une situation, c’est ce qu’il fait ou ne fait pas. Son comportement ne répond pas aux attentes de l’adulte. Dans ce cas, il est préférable de lui parler des faits :

C’est la 1ère étape du DESC : D comme DESCRIPTIF

Autrement dit à cette étape l’adulte se met à la place d’une caméra.

Il observe ce qu’il voit, ce qu’il entend, sans évaluer ni juger. Ce sont les FAITS incontestables quel que soit l’observateur.

– « Quand tu oublies d’emmener tes devoirs à la maison, tu ne peux pas faire ce que te demande la maitresse ».

La 2ème étape du DESC : E comme Enjeux/Emotions

A cette étape, il est indispensable d’identifier, en tant que parent, nos propres besoins et enjeux dans la situation qui nous préoccupe.

  • « Qu’est-ce qui est important pour moi ? »

« Je veux qu’il ait de bonnes notes et qu’il ait un bon métier…. »

« Je veux qu’il réussisse à l’école, qu’il soit heureux dans sa vie…. »

  • « Quels sont mes besoins ? »

« J’ai besoin de me reposer : Je voudrais passer un moment tranquille plutôt que de perdre patience avec les devoirs etc… »

« J’ai besoin d’aide : je voudrai ne pas me sentir seule face à la scolarité des enfants »

  • Qu’est-ce que je ressens : quelles sont mes émotions ou/et mes sentiments : la colère, la tristesse, la déception, la peur, la lassitude, le découragement, l’impuissance, la culpabilité, la frustration ….. ?

Seulement, si c’est pertinent, nous pouvons exprimer son propre ressenti à l’enfant.

  •   « Comme cela s’est répété 3 fois cette semaine…. Je suis ennuyé(e) ou j’ai peur que…ou je suis en colère….ou je suis frustré(e)… ou je me sens coupable de …ou je suis déçue…»

Il est pertinent de choisir un ou deux ressentis maximum afin que ce soit assimilable par l’enfant.

Par exemple « j’ai peur…et quand j’ai peur je me mets en colère » « je ressens de la colère et je suis triste »

L’expression de nos sentiments en tant que parent, doit être ajustée à l’âge et à la maturité de l’enfant, il ne s’agit pas de lui faire porter nos émotions ou de le culpabiliser ou encore de déverser nos états d’âme sur l’enfant.

Il s’agit au contraire d’être responsable et d’assumer ce que je ressens en tant que parent et qui m’appartient. C’est cela que je vais réguler.

Dans certaines situations, il n’est pas souhaitable de d’exprimer verbalement ses propres émotions. Par exemple l’enfant est trop jeune, il est dans une période de fragilité ou perturbé par un événement. Ou l’adolescent traverse une période de crise et il pourrait réutiliser l’expression des sentiments contre son parent.

Dans d’autres cas, c’est l’adulte qui n’est pas en mesure de le faire. Il identifie difficilement ses ressentis ou n’arrive pas à mettre des mots dessus. Il peut aussi être mal à l’aise pour exprimer ses émotions ou dans une période de vulnérabilité. Bref, il s’agit d’avoir du discernement et de mesurer ses mots.

Un indicateur : le baromètre est de se sentir à l’aise et serein pour le faire, dans les autres cas, il vaut mieux s’abstenir d’exprimer ses ressentis à l’enfant.

Cela ne nous dispense pas de la 2ème étape : La réflexion sur son propre état interne se fait alors en « solo » ou « avec une personne neutre et bienveillante ».

La 3ème étape du DESC : S comme Solution

Il s’agit de demander à l’enfant quelle est sa solution :

  • « Qu’est-ce que tu imagines comme solution pour que cela ne se produise plus ou pour que cela se produise moins souvent ?

L’idée est d’aider l’enfant à trouver une solution plutôt que de lui en donner une. Il peut parfois être utile de lui faire des propositions d’options après avoir laissé un temps de silence et de réflexion, la plus part du temps l’enfant trouve lui-même la réponse et surprend les parents par la simplicité et la logique de la solution. Souvent le parent lui-même a pensé à des tas de solutions qui sont différentes de celle qui est la bonne pour son enfant.

Il s’agit à cette étape, d’ECOUTER, de se montrer PATIENT et surtout CONFIANT dans les capacités de son enfant à trouver ce qui est la meilleure solution pour lui. En fait, la meilleure attitude est de ne RIEN FAIRE  d’autre que de cultiver une attitude intérieure bienveillante et confiante.

  • « Rien faire !  Comment cela, je veux aider mon enfant, c’est mon rôle, le conseiller, c’est pour son bien.» Voilà la bonne intention des parents !

Écouter, se montrer patient et bienveillant c’est déjà quelque chose , c’est ETRE PRESENT.

En effet le rôle de parent est bien d’être là, celui de guide, un peu comme un tuteur pour une plante, comme un terreau, un engrais nourricier.

Le Parent ne peut pas tirer sur l’herbe pour la faire pousser.

Oui, il est possible de ne rien faire et d’être présent lorsque l’on est détendu, ouvert et curieux.

A ce stade, les solutions émergent et il devient possible de trouver un accord.

C’est la 4ème et dernière étape : C comme contrat, c’est à dire l’accord entre votre enfant et vous même.

C’est le moment de valider la solution de votre enfant et la votre et de reformuler votre demande,

  • «  J’ai bien compris ta solution qui est …..(ou la solution que nous avons trouvé ensemble est…) . Je suis prête à te soutenir et je te demande donc de me dire quand je peux faire pour t’aider à ramener les devoirs que tu as à faire à la maison, »

J’espère que la « tranche de vie » de ma cliente vous aura inspiré et que le DESC sera un outil-repère que vous aimerez expérimenter,

Je réponds à vos questions : mariegabrielle.dinunzio@gmail.com

Pour un rendez-vous : 06.86.52.40.09

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