« Et si ce n’était pas VRAI ? »


C’est vrai…jusqu’à ce que l’on découvre que c’est faux…

si ce n'était pas vrai photo

L’expression de la vérité de chacun traduit sa propre expérience subjective. Un évènement vécu  est empreint d’émotions, de paroles, d’images et de sons  sélectionnés ;  voilà ce qui s’inscrit dans notre mémoire, dans nos cellules pour créer notre réalité. Nous en sommes imprégnés, nous pouvons la raconter, c’est Notre Vérité…..et voilà qu’une autre personne survient,  elle aussi a vécu l’évènement en question, elle aussi le raconte, imprégnée de son expérience subjective…..et voilà que l’histoire, sa musique, ses couleurs se transforment…..est ce le même jour ? le même moment ? la même saison ?

Chacun perçoit la « réalité » en fonction de ce qui est nommé en PNL (Programmation Neuro Linguistique)  « les filtres ».  C’est comme si , ce qui est observable, factuel, est  passé au tamis.

Un tamis neurologique, personnel, socio culturel, celui de nos valeurs, de nos croyances sur la vie, sur les autres sur nous même. Au final que reste t-il de LA REALITE ?

Ainsi fonctionne le cerveau humain :

Par omission : une partie de la réalité n’est pas prise en compte.

Le cerveau est absolument parfait n’est ce pas ? Si nous devions prendre en compte tous les éléments qui nous entourent avec nos 5 sens (voire 6) qu’en serait-il de notre capacité à décider, à faire des choix, à nous concentrer ? nous serions envahis par des sons, des informations et des perceptions de toutes sortes qui se percuteraient et se parasiteraient sans cesse les unes et les autres.

Pour autant ces omission sont souvent source d’incompréhensions, de mal entendus ou de conflits, chacun ayant gardé à l’esprit les éléments qui correspondent le plus à « sa carte du monde », c’est-à-dire à ses représentations de la vie, de lui-même et des autres. Chacun ayant à cœur « d’avoir raison ».

Le cerveau fonctionne par généralisation : le cerveau  hiérarchise, organise, trie…ce sont des facultés  fantastiques qui   structurent  l’individu,  lui permettre d’agir de manière automatique sans  réfléchir, ni dépenser trop d’énergie : ouvrir un robinet, conduire, s’arrêter au feu rouge, pousser une porte…. « même quand elle se tire » !

Les généralisations sont indispensables dans notre vie quotidienne, en même temps, elles nous amènent à faire « des raccourcis », à mettre dans des « cases » : « tous les hommes sont…. » « Toutes les femmes sont…. » «  les jeunes, les vieux, les français… » « C’est toujours pareil avec toi »  « je ne trouve jamais de place pour me garer dans cette rue »….c’est ainsi que de généralisations en généralisations nous construisons des croyances qui nous limitent dans notre vie.

Le cerveau fonctionne aussi avec des distorsions des liens de cause/effet non vérifiés « Mon collaborateur ne répond pas à mes mails, c’est qu’il n’est pas intéressé par ma proposition » ; des lectures de pensées « je sais qu’il ne m’apprécie pas». Ces présuppositions sont des pensées, des non-dits, des dictons populaires,  qui ne sont pas vérifiés et qui prennent une valeur réelle dans l’imaginaire de la personne ou dans l’inconscient collectif. Les comportements alors adoptés sont en adéquation avec ces suppositions, perçues comme « réelles ».

Si les distorsions sont utiles à la créativité, utilisées dans l’Art, la peinture, l’écriture, l’humour….elles sont également, au quotidien, la source de multiples complications dans les relations interpersonnelles et limitantes par les croyances qu’elles génèrent.

En quoi m’est-il utile aujourd’hui de penser « trop bon, trop c.. » ; « passer sous une échelle porte malheur », « trouver un trèfle à 4 feuilles porte bonheur » ;  « tous les français sont râleurs » ?

Tous ces filtres amènent  chacun de nous à transformer la « réalité » sans même s’en rendre compte et à adopter des comportements en adéquation avec nos croyances. Il est donc utile de les re-questionner pour identifier si elles sont encore « utiles » aujourd’hui et si elles sont constructives dans notre Vie.

Alors comment faire ?

Le premier élément est lié à l’état d’esprit, à la posture relationnelle, au regard porté sur l’autre : Et si j’étais curieux de la « réalité de l’autre »?

L’Ouverture : «  Ai- je quelque chose à découvrir ? » « Qu’est ce que j’ai loupé ? »

Le deuxième est lié à un regard porté sur soi : Qu’est ce que cette situation génère en moi ?

Quelle émotion ? Peur, tristesse, colère, joie…

Quel sentiment ? Injustice, rejet, trahison, humiliation, abandon : « les 5 blessures relationnelles »

Quel est mon besoin ? Qu’est ce qui dépend de moi dans cette situation ?

La remise en question de soi : et si 2% de ce qui m’est dit était vrai ? et si j’avais quelque chose à apprendre de cette situation ? Et si je ne savais pas ? et si je n’avais pas raison sans pour autant avoir tord ?

Quelle attitude ai-je adoptée dans cette situation ?

Le jugement et l’évaluation, l’ordre et le conseil, le soutien moral, l’interprétation, l’investigation, la compréhension, une attitude centrée sur l’autre (6 attitudes de Porter). Ces attitudes ne sont ni « bonnes ni mauvaises » en soi, elles dépendent du « contrat relationnel », du contexte, du rôle ou du statut,  du niveau d’expression de la demande, de ce qui est implicite et explicite dans la relation.

Voici un exemple : Un professeur de mathématique,  a comme rôle,  d’enseigner à ses élèves  un programme identifié. Le contrat implicite est « nous sommes ensemble pour que je vous enseigne les mathématiques »  même si,  la plus par du temps, il n’est pas explicité et ne fait pas l’objet d’un contrat collectif et individuel avec les élèves. Les élèves l’appellent « Monsieur » ou « Professeur ».

Le même professeur rentre chez lui, il parle à ses enfants, il est le père dans son foyer. Le contexte change et son rôle change. Ses enfants l’appellent « papa ». S’il veut apprendre le « programme de math » à ses enfants, il  peut s’en suivre quelques complications. Il devient alors utile que le contrat relationnel soit explicité. Un exemple « Je suis avant tout ton papa et j’aime quand je rentre que nous jouions ensemble à ….Pour autant, tu le sais, je suis aussi professeur de math. Si tu as besoin, à un moment ou à un autre de soutien ou d’aide, je serai heureux de te transmettre ce que je sais en fonction de ton programme (et pas plus) et de ton besoin du moment. Qu’est ce que tu en penses ? »

Des 6 attitudes de Porter aucune n’est à bannir, il s’agit d’identifier le contexte, le rôle, la pertinence, le contrat relationnel, de le rendre explicite et de demander à l’autre quel est son point de vue, son besoin, vérifier s’il y a une demande, s’il est respectueux pour moi et pour l’autre d’y répondre, si j’en ai les possibilités, l’envie, la légitimité etc…..

Passer d’un mode binaire en « blanc et noir » / vrai ou faux à « toutes les nuances du gris foncé au gris clair » par un regard systémique  « vrai et faux en même temps » ; « vrai dans ce contexte et faux dans un autre » … permet d’appréhender l’ensemble « des réalités » de manière plus large, dans le respect de soi, de ses propres besoins et en tenant compte de son environnement…..Si c’est un chemin parsemé  de découvertes, d’embuches, d’émotions inconfortables et de joies ; c’est aussi une façon de vivre qui permet de se renouveler tout en étant de plus en plus « soi-même » dans un monde complexe, en pleine mutation et sans jamais s’ennuyer….bienvenu(es)  au club !

 

Marie-Gabrielle Di Nunzio

Pour aller plus loin : Lise Bourbeau, Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même, Editions E.T.C., 2000.

 

 

 

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