Réflexions…


photo-grande La liberté est un concept, un mot sur lequel chacun met des représentations issues de la culture, l’éducation, sa propre expérience subjective, sa personnalité, son unicité….autant dire que chacun se représente la liberté à sa manière. Une expérience intéressante pour le confirmer est de poser la question / qu’est ce que la liberté pour toi (vous?) à plusieurs personnes issues de milieu socio professionnels, cultures et horizons différents.

En Europe, avant la révolution industrielle, la vie était extrêmement encadrée par les hiérarchies sociales «on ne mélange pas les torchons et les serviettes », la religion « on ne fornique pas avant, hors, mariage », le manque de savoir et de connaissance d’autres modèles culturels, une vie centrée sur le local et dans un cercle restreint.

Le carcan culturel et social se faisant sentir, les structures  basées sur les règles morales et religieuses sont rejetées et des avancées culturelles (le droit de vote pour les femmes et l’autonomie financière) voient le jour en 1944. Dans un contexte de guerre, durant lesquelles, les femmes ont massivement remplacé les hommes dans leur emploi.

A la faveur de mai 68, l’idée d’une vie de jouissance, sans entrave prône la liberté sexuelle et l’éducation permissive : « il est interdit d’interdire », « Jouissons sans entrave »….Le rejet des traditions ancestrales, brutal et exercé dans la violence est supporté par le mouvement existentialiste ; en cultivant l’idée de l’absurdité de l’existence il rejette la spiritualité avec les préceptes religieux, introjectés et vécus comme des injonctions enfermantes . Un amalgame entre spiritualité et morale religieuse fait que beaucoup sont dans une forme de dualité pour ou contre et jette « le bébé avec l’eau du bain ». Il s’en suit un fantasme de toute puissance et de liberté sans limite qui ne trouve sa réponse que dans son expérimentation.

Ce contexte impacte profondément les fondements éducatifs et les comportements des générations suivantes dans leur conception de la vie et dans les postures adoptées avec  leurs enfants.

Un mouvement de balancier fait passer le plus grand nombre d’une vie extrêmement cadrée, rythmée et assujetties aux règles culturelles et sociales – avec peu de place pour l’identité de la personne et le respect de son individualité propre –  à une vie dirigée,  pour la plus part des jeunes adultes par une jouissance sans limite, sans idéal et sans but associée à des déviances et des comportements de fuite traduisant un profond « mal-être ».

Alors que la vague d’industrialisation pousse les ouvriers à l’exode et les transforment en rouage humain – j’aime particulièrement le film « les temps modernes » que l’interprétation de Charlie Chaplin rend encore plus puissante puisqu’elle se passe de mots – la vague scientifique et technique apporte son lot d’amélioration avec «  l’enseignement obligatoire et gratuit pour tous » et l’enseignement  secondaire et supérieur, support nécessaire pour faire progresser l’industrie.

Le revers de la pièce est que ces 50 dernières années les études ont privilégié l’intellect au profit des compétences manuelles. L’intellectualisation, la spécialisation, la séparation avec leurs corollaires sur les comportements humains, les pensées et les sentiments ont éloigné l’homme de lui-même. Le fractionnement des connaissances, les spécificités scientifiques, la spécialisation du savoir ont limité les chercheurs et les technicien d’envisager comme un TOUT les phénomènes de l’existence et d’avoir une vue globale. Cette spécialisation a eu un impact puissant sur les raisonnements humains et à modifié les « croyances » en général, en altérant notre discernement. Ainsi l’homme moderne s’est coupé de sa propre spiritualité, de la nature, son milieu naturel et de ses émotions….autant dire de la sagesse. J’ai été touchée et particulièrement admirative de les hommes d’un peuple d’Amazonie qui face à différents faits d’actualités européens – qui leur sont montrés en vidéo   – ont un regard distancié du notre et des questions extrêmement pertinentes – perçues comme naïves pour certains hommes « civilisés » que nous sommes. Vraisemblablement que leur regard « enfantin » n’est pas infantile et qu’il révèle une profondeur dont la vie citadine nous a coupée.

La simplicité n’est pas le simplisme et le contact constant avec la nature, leur permet de garder à l’esprit combien nous sommes interdépendants l’une des autres, dans un sens comme de l’autre. Comme disait mon fils jeune enfant – et il le dit toujours à 18 ans – en parlant du développement durable – « ce n’est pas la nature qui a besoin qu’on la protège, c’est nous qui avons besoin d’elle car elle s’en sortira toujours, même si on disparait ». La profondeur de cette phrase enfantine raisonne encore en moi comme d’une grande sagesse. Pour avoir travaillé avec des personnes porteuses de handicaps pour certaines « simples d’esprit », j’ai été combien de fois touchée par la sagesse de leurs paroles me faisant prendre conscience que les esprits simples, dénués d’une certaine forme de carapace, ont un regard sur la vie qui mérite d’être écouté, débarrassé de trop de « savoirs » et du poison de la comparaison, ils ont parfois une fraicheur et une spontanéité tout à fait agréable à vivre.

Je ne ferai, pour autant, aucune généralité car certains d’entre eux portent et transmettre une souffrance et une violence à laquelle, pour y faire face, notre meilleur atout est une forme d’amour inconditionnel et non jugeant, quand toutefois nous y parvenons.

Et voilà en apparence que ces exemples m’ont éloigné de mon sujet, alors qu’au fond de moi, cela m’en a rapproché.

Lorsque le Coach accompagne une autre personne sur son chemin, il lui permet de mieux contacter ses ressources, sa créativité, sa part d’enfant Libre (pour faire référence à l’analyse transactionnelle) et donc d’être en lien avec  sa part de questionnement, de curiosité, de simplicité. Combien il est rafraichissant de poser un regard nouveau sur les évènements, les autres, notre environnement, l’univers…..

A la fois, d’être en contact avec une puissance interne-  qui permet d’avancer lorsque les circonstances de la vie paraissent défavorables ou difficiles – et aussi avec notre vulnérabilité, notre petitesse face à l’Univers.

Pendant des années, je me suis sentie soit forte, soit faible et c’est une véritable tranquillité d’avoir le sentiment d’être à la fois puissante et vulnérable, en même temps et tout le temps. Cela me laisse plus de choix au niveau de mes comportements, de mes relations, des environnements dans lesquels j’évolue. Cela me permet à la fois d’être moi-même, tout en m’adaptant –dans une certaine mesure – au contexte où j’évolue.

 

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