Nous sommes tous des procrastinateurs !


 Work Schedule

La procrastination nous veut du bien, c’est un mécanisme de défense et essayer de la combattre équivaut à se battre contre soi-même. Alors que faire ? me direz-vous

La procrastination consiste à remettre à plus tard des tâches perçues comme désagréables, peu valorisantes ou comportant un risque d’échec, cela jusqu’à se mettre dans une situation inconfortable voire vraiment catastrophique. Qui n’a pas vécu la situation de remettre le paiement d’une contravention pour stationnement dépassé jusqu’à la majoration ? de différer une réservation et donc, d’avoir un choix limité de destination ou d’hébergement ? de reporter les démarches jusqu’à ce retrouver dans une situation financière ou administrative problématique. De remettre à plus tard un choix de vie ? une activité sportive, artistique ou d’évolution personnelle ? Ces situations, si elles sont vécues de manière récurrente sont un signe de procrastination. L’indicateur est la récurrence de situations déjà expérimentées ou similaires avec un résultat négatif pour la personne, associé à un sentiment de culpabilité et de dépréciation de soi.

Ces comportements engendrent des actes manqués, de l’anxiété et une réelle souffrance intérieure associée à l’incompréhension et parfois à la mésestime de l’entourage (qui l’associe à tord à la fainéantise, au manque d’organisation ou de compétences). De surcroit, la procrastination débouche inévitablement sur des opportunités manquées et donc sur une conduite d’échec qui freine la volonté d’agir et peut mettre en péril des projets professionnels ou personnels.

Nous procrastinons tous dans des domaines et à des degrés variables selon les personnes. Si cela n’a pas de conséquences sur le plan relationnel, en terme de réalisation de projet ou d’estime de soi, il n’y a pas lieu de s’en préoccuper. En revanche, dans le cas où cela attire les « foudres » de l’entourage, fait échouer les projets ou donne un sentiment de dévalorisation, il convient de faire un « état des lieux » pour sortir de schémas inconfortables et récurrents. Pour sortir de ce type de comportements, il s’agit d’abord de mieux les reconnaître car ils se cachent souvent derrière d’ autres occupations qui ne sont pas toujours inutiles ou dénuées de sens. Les procrastinateurs font autre chose à la place de la tâche sur laquelle ils procrastinent, y compris des choses importantes. Elle n’est en aucun cas le révélateur d’un trait de personnalité négatif.

En outre la procrastination a une fonction positive ou autrement dit, ce comportement défend une valeur importante pour la personne (par exemple la liberté, l’indépendance, la remise en question des normes et des diktats, la créativité…..) La procrastination nous veut donc du bien, c’est un mécanisme de défense et essayer de la combattre équivaut à se battre contre soi-même. D’après David d’Equainville, auteur de : Demain c’est bien aussi « La procrastination c’est une défense immunitaire face à une société extrêmement rude, un moyen positif de se défendre des assauts du monde contemporain. C’est l’occasion d’appuyer sur la touche pause ».

 Combattre un mécanisme de défense représente des risques et les résultats sont contre productifs.

Alors que faire ? me direz-vous … C’est en visitant les bénéfices secondaires de la procrastination que nous pouvons identifier les besoins qu’elle révèle et les satisfaire d’une autre façon.
Tout d’abord, il s’agit d’observer nos comportements en conscience et sans culpabilité : Qu’est ce que je fais ? Comment ? Est-ce que ces situations se répètent ? Que produisent-elles comme conséquences ? Que se passe-t-il si je décide de remettre à plus tard et en toute conscience telle ou telle tâche ? Quel en est le bénéfice associé  pour moi ? Comment est-ce que je me sens ? Qu’est-ce que je vois, j’entends, je ressens ?  Qu’est-ce que cela m’apporte d’important ? Quelle est la valeur que je défends ? Est-ce que je porte un jugement sur mon comportement ou sur moi- même (notre être profond, identité ou personnalité).

Les jugements que nous portons sur nous même accroissent la culpabilité et brouille notre conscience en augmentant ainsi la difficulté à identifier le besoin que nous cherchons à combler. Chacun de nous est un être important et unique, digne de respect. Un comportement peut se changer librement pour peu que l’on soit conscient de ce qu’il apporte comme bénéfices cachés et que l’on se pose pour trouver un autre comportement pour le remplacer qui servirait de manière au moins aussi efficace la même valeur, intention positive ou motivation inconsciente. Il est donc primordial de faire la différence entre ce que l’on EST et ce que l’on FAIT. Il est possible de ne pas cautionner un de nos comportements sans se discréditer pour autant.

La deuxième étape est donc de se demander :Ai-je envie de changer mon comportement ? Suis-je prêt(e) à abandonner les bénéfices qu’il m’apporte ? Quel comportement pourrait servir ma valeur (l’intention positive) à la place de la défendre ? Quels en seraient les bénéfices pour moi ? pour mon entourage ? Y aurait-il un inconvénient à ce nouveau comportement pour moi ? pour mon entourage ? Puis-je adopter à l’essai ce nouveau comportement pendant un temps (1 mois, 3 mois…)

Est-ce que j’expérimente une nouvelle expérience de vie pour être libre de décider ensuite ce qui me convient le mieux ?

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