Lutte, Fuite ou Fluidité et si nous avions le choix ?


  chaleur et froid yin yang

Et si la voie changement n’était que mieux se connaître pour se retrouver  soi-même et  rencontrer   l’autre dans ses différences ?

Bien souvent nous voulons changer…..mais changer quoi ou changer qui ?

Changer ce qui nous dérange nous perturbe, ce qui n’est pas tel que nous le voulons ou l’avions programmé. Changer qui ? Les autres en général, l’entourage qu’il soit amical ou professionnel lorsque nous avons l’impression que rien ne va plus, que nous sommes incompris, utilisés, que nous en faisons toujours plus sans résultat !

Alors que faire si ce n’est un arrêt sur image ?

Arrêter de faire toujours plus de …..ce qui donne des résultats frustrants et contraires à ce que nous recherchons,  à ce que nous désirons vivre.

Avoir raison ou être heureux, il faut choisir !

« Il ne s’agit non pas d’être d’accord mais d’être en accord. C’est apprendre à danser avec les personnes et les évènements. » François Roustang

Voici une petite histoire :

Marc , souriant, arrive en retard au restaurant pour un repas de famille, il lance un bonjour général et ne s’excuse pas. Jeanne sa belle sœur  pense : « Tiens, cela ne m’étonne pas de lui, il est toujours aussi  irrespectueux des autres. Il sait que c’est mon anniversaire  et il l’a sûrement fait exprès ». Paul le  frère cadet de Marc, avec qui il a une grande complicité pense : « Il est vraiment toujours aussi sympa, il est venu à l’anniversaire de Jeanne bien que tous les deux ne soient pas toujours d’accord. Il garde le sourire alors qu’il a beaucoup de travail en ce moment,  il a dû être retardé par un client. »

La réalité est bien différente : Marthe avait programmé la soirée  à 21h30 et elle a finalement  avancé le repas  à 20h pour que la soirée puisse être améliorée par un spectacle surprise  pour l’anniversaire de sa jeune sœur Jeanne. Elle a laissé un message à la secrétaire de Marc qui a oublié de le lui communiquer.

Marc et Jeanne ont souvent des idées différentes sur les sujets de société. Jeanne promouvoit  le respect, la ponctualité, les valeurs familiales. Marc est célibataire et indépendant, il aime faire de l’humour et  plaisante facilement sur les codes moraux, la tradition et les enfants qui « freinent la carrière de leurs parents »  sans se rendre compte qu’il touche aux valeurs de Jeanne.

Il suffit de quelques discussions animées pour que chacun d’eux se collent mutuellement des « étiquettes ».  Jeanne pense que Marc n’a aucun égard pour les autres et Marc pense que Jeanne est coincée, qu’elle n’a pas d’humour. Pas étonnant qu’elle n’ait pas encore fondé de famille !

Revenons à leurs perceptions de la situation : Jeanne regarde la situation avec ses filtres « respect, ponctualité, Marc ne m’aime pas ». Ce qu’elle perçoit  confirme son « histoire » avec Marc.

Marc de son côté, essaie de faire de l’humour  pour éviter de se focaliser sur  l’oubli de sa secrétaire. Devant l’air sérieux de Marthe, il confirme son « histoire » qu’elle n’a pas d’humour, sans avoir aucune idée des sentiments qu’elle prête à Marc à son égard et du film qu’elle se fait.

Les « regards » que se portent Marc et  Jeanne peuvent alimenter bien des discutions familiales et des conflits s’ils ne viennent pas l’un et l’autre à parler de leur ressentis et de ce qui est important pour eux.

Nous avons tous des filtres qui nous font voir les situations à travers nos propres interprétations et distorsions. Si nous nous en tenons à notre représentation de la réalité, il est probable que nous enfermions les autres dans une « case » et que chaque évènement vienne confirmer notre « histoire » et nourrisse  nos sentiments négatifs ou notre animosité.

On peut  fonctionner selon 2 modes :

Le mode fermé, mécanique, sombre ou inopérant :   Il s’illustre ainsi : Je me raconte  une « histoire » sur l’autre en sélectionnant tout ce qui va confirmer ma vision. Mon attention est captée par mon cinéma intérieur et je reste concentré sur le sujet qui me préoccupe. Je suis dans la tension, dans l’effort, la lutte ou la fuite.  Je suis dans la critique (formulée ou non) et l’intention pour l’autre (il doit changer, il doit faire ça, je sais mieux que lui(elle). Je suis dans les actions machinales et dans la répétition. Le mode préoccupé s’autoalimente.

Le mode ouvert, curieux, fluide, vivant, lumineux : Il s’illustre par un regard nouveau sur la personne, les situations et la vie. Je suis dans l’ouverture et l’attention à l’autre. Je m’intéresse à ce qu’il(elle) est, fait ou dit, je lui pose des questions ouvertes. Je suis confiant(e) en ses capacités à trouver sa propre solution. J’agis en conscience et j’ai de nouvelles idées qui se concrétisent dans les petits gestes de  ma vie quotidienne. Je suis dans la curiosité et la créativité.

Dans une journée nous pouvons alterner ses deux modes et passer de l’un a l’autre sans même nous en apercevoir. Il est utile de s’observer, de s’écouter penser, de reconnaître nos émotions pour avoir des indicateurs qui nous aident à savoir dans quel mode on se trouve.

Il s’agit de s’entraîner à faire la bascule du mode fermé au mode ouvert, un peu comme quand on se muscle. C’est grâce à la répétition chaque jour que nous pouvons progressivement gagner en bien-être en cultivant notre mode lumineux. Le mythe est de croire que l’on peut atteigne le mode ouvert et y rester (cette croyance nourrit le mode fermé). Au contraire, il est important de se mettre d’accord avec notre désaccord : accueillir et accepter nos émotions et la souffrance de notre mode fermé.

Pour nous entraîner au mode ouvert, nous pouvons nous  poser quelques questions :

Est-ce que ce que je perçois de la réalité  alimente un apriori sur cette personne ?

Est-ce que  quelque chose dépend de moi dans cette histoire ? Pour que la situation s’améliore ?

Quelle est  la bonne intention ou la valeur que défend mon mode fermé ?(Comme Jeanne qui attachait de l’importance au respect et aux valeurs familiales). En perdant la source de nos opinions nous devenons prisonniers de notre point de vue.

Comment puis-je le dire à l’autre, lui ouvrir mon cœur ?

Tiens je me demande comment il peut arriver à ce point de vue ? Je vais lui poser des questions ouvertes.

Curieux que l’on ait une vision aussi différente, quelque chose m’échappe peut-être.

Quelle pourrait-être sa bonne intention ? (accueil du mode fermé de l’autre)

« Dans ces moments, nous sortons de nos préoccupations pour passer à un fonctionnement fluide, concentré sur ce qui se joue, qui mobilise notre intelligence la plus large. Nous avons accès au meilleur de nous même. » Bernadette Balbault

 

Pour aller plus loin : « La source du bonheur est dans votre cerveau » Christian Boiron

« Vivre » ou « Flow » Mihaly Csikszentmihalyi

« Ma fin de la plainte, il suffit d’un geste, Savoir Attendre » François Roustang

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